Chuuk Lagoon


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Blue Lagoon Dive Resort


Blue Lagoon Dive Resort est situé dans un magnifique lagon. Petit resort avec centre de plongée. Les plongeurs tech sont les bienvenus

Chuuk Lagoon

L’Atoll de Chuuk, ou Truk, est l’un des quatre États Fédérés de Micronésie et fait parti du groupe des Îles Carolines.  Il se situe entre les États de Yap (à l’ouest) et de Phonpei (à l’est). Ce magnifique lagon perdu dans le Pacifique comprend onze îles majeures : Tol, Udot, Fala Beguets, Romanum et Eot qui font parties des Faichuk (partie ouest du lagon au dialecte spécifique), et Moen, Fefan, Dublon, Uman, Param et Tsis à l’est du lagon qui font parties des Namoneas. Il faut compter en plus 46 îles plus petites à l’intérieur même du lagon et 41 îlots coralliens. C’est l’un des plus grands lagons du monde !

Truk fût découvert comme paradis sous-marin par Jacques Cousteau en 1971 et « La Flotte Fantôme du Lagon de Truk » dévoila ses trésors : des épaves pour la grande majorité intactes, remplies de leur cargaison et de tout ce qu’un navire en période de guerre peut contenir : avions de chasse, tanks, camions, vélos, motos, voitures, munitions, radios et télégraphes, bombes, torpilles… Le tout colonisé par quantité de coraux (Alcyonaires multicolores, Acropora pichoni, gorgones…), on peut y apercevoir requins, barracuda, raies, banc de carrangues, plus de 2600 sortes de poissons de récif…

Chuuk est la Mecque de la plongée sur épaves, et ce en toute sécurité et pour tous les niveaux. L’atoll est un musée sous-marin, un instantané de la Deuxième Guerre Mondiale magnifiquement préservé grâce à des hommes comme Kimio Aisek, le fondateur du Blue Lagoon Dive Shop et  témoin de l’Opération Hailstone, qui a œuvré toute sa vie pour la protection des épaves et de leur environnement incroyable.

L’histoire ancienne de Chuuk  est basée sur les légendes et la tradition orale, toujours très présente dans la vie des Chuukois, mais reste très méconnue. Truk a été colonisé par l’Empire Espagnol en 1732 avec la  visite des premiers missionnaires, mais est resté très préservé de l’influence espagnole jusqu’en 1875, date à laquelle l’Espagne revendique officiellement  les Îles Caroline et l’administre depuis les Philippines. Les Allemands, qui occupaient Yap, revendiquent les Îles Caroline car l’Espagne ne les occupe pas. Un arbitrage du Pape Léon XIII en 1885 confirma les droits de l’Espagne mais donna des droits de libre commerce à l’Allemagne.

Suite à la guerre Espagne-USA de 1898, l’Espagne dû céder à l’Allemagne les Îles Caroline, transaction scellée par un traité entre les deux nations en 1899. Chuuk est resté propriété de l’Allemagne jusqu’en 1919, date à laquelle l’occupation Japonaise commença, sous mandat de la Société des Nations suite à la défaite de l’Allemagne durant la première guerre mondiale.

Chuuk devient sous l’occupation japonaise la principale base navale du Japon dans le Pacifique sud. Il y avait 27,856 soldats de l’IJN (Imperial Japanese Navy) sous le commandement du Vice-Amiral Masami Kobayashi et ensuite du Vice-Amiral Chuichi Hara, et 16,737 soldats de l’IJA (Imperial Japanese Army) sous le commandement du Général Kanenobu Ishuin. Le Département du Génie Civil Japonais a construit sur l’atoll 5 aéroports, une base d’hydravion, une base sous-marine, une base d’approvisionnement en torpilles, un centre de communication, un centre de commandement et une station radar.

Une importante partie de la flotte Japonaise était basée sur Chuuk, dont le centre de commandement des opérations pour le Pacifique Sud était sur Tonoas.

Les fortifications lourdes, naturelles ainsi que celles construites par les japonais, ont fait que Chuuk a été surnommé par les Alliés le « Gibraltar du Pacifique ». Beaucoup de ces fortifications et installations sont encore visibles de nos jours.

En plus d’être une base militaire, Chuuk était une importante plateforme logistique et de ravitaillement pour l’ensemble de la flotte Impériale dans le Pacifique sud. De nombreux navires marchands (San Francisco Maru), pétroliers (Shinkoko Maru) ou anciens paquebots de luxe (Rio de Janeiro Maru, Heian Maru,) reconvertis en transport de troupes et cargo, s’ancraient dans le lagon.

Début février 1944, le commandement japonais, conscient de l’exposition de Chuuk  à une attaque Américaine, décide de relocaliser leur flotte d’attaque sur Yap et Peliliu à Palau. Reste à Chuuk une trentaine de navires de combat et une quarantaine de navires de transports, pétroliers, ravitailleurs, cargos…

L’Opération Hailstone (tempête de grêle) a été décidée afin de couper l’approvisionnement de la flotte japonaise et d’assoir la position des Alliés afin de continuer leur progression, île par île (Eniwetok et les Mariannes), vers le Japon.  La Task Force 58, commandée par le Vice-Amiral Mark A Mitscher, est composée de 5 porte-avions (Enterprise, Yorktown, Bunker Hill, Essex, Intrepid) et de 4 portes avions légers (Belleau Wood, Cabot, Monterey et Cowpens) embarquant à eux tous plus de 500 avions. En support des porte-avions il y avait 7 cuirassés, plus de nombreux croiseurs, destroyers, sous-marins, cargos ravitailleurs.

Au matin du 17 février 1944, les États-Unis lance l’attaque massive sur Truk. Une combinaison d’attaques aériennes, sous-marine, commandos et de pilonnage par la flotte américaine sont lancées simultanément sur l’atoll. Une force de surface est postée aux différentes sorties possibles afin de bloquer toute fuite de navires japonais.

Au total près de 270 avions japonais furent détruits. Les nouveaux chasseurs Hellcat F6F, qui étaient supérieurs en tous points aux chasseurs japonais, ont été décisifs dans cette victoire de la Marine US. La réplique japonaise s’est  organisée dans la nuit du 17 au 18 février. Une attaque aérienne est lancée, mais ils ne parviennent qu’à torpiller l’USS Intrepid, sans le couler, mais en lui causant des dommages importants. L’attaque américaine s’est poursuivie le lendemain avec la même efficacité.

Au final, c’est une écrasante victoire pour l’US Navy, qui n’a eu qu’un porte-avion endommagé (USS Intrepid),  un croiseur légèrement touché (USS Iowa), 25 avions détruits et 40 morts. Les pertes japonaises sont majeures : 3 croiseurs légers (Agano, Katori et Naka), 4 destroyers (Oite, Fumizuki, Maikaze et Tachikaze), 3 croiseurs auxiliaires (Akagi Maru, Aikoku Maru et Kiyosumi Maru), 2 ravitailleurs de sous-marin (Heian Maru, Rio de Janeiro Maru), un navire de transport d’avion (Fujikawa Maru) et 32 navires marchands sont envoyés par le fond. Beaucoup de ces navires ont été coulés au mouillage, chargés de leur précieuse cargaison. Toujours visibles de nos jours… La grande majorité des marins à bord de ces navires sont morts dans les attaques et les naufrages.

Les japonais relocalise en avril environ 100 avions de Rabaul vers Truk. Une attaque américaine la nuit du 29 au 30 avril 1944 en détruit la plupart. Ce fût la dernière attaque américaine sur Truk. Dès lors, Chuuk est isolé du Japon, les Alliés continuant leur avancée  sur  Guam, Saipan, Palau et Iwo Jima.

Les conséquences de l’attaque américaine sur l’atoll sont désastreuses. Les nombreux navires coulés, dont des tankers ravitailleurs, ont lâché quantité de gazole et kérosène dans l’Atoll, affectant grandement l’écosystème et la vie marine.

Le 18 juillet 1947, les Nations Unies ont créé le Territoire sous tutelle des Îles Pacifiques (Trust Territory of the Pacific Island ou TTPI) et en ont confié le mandat aux États-Unis. Le 12 juillet 1978, les Populations de quatre anciens districts (Chuuk, Yap, Pohnpei et Kosrae) votèrent lors d’un référendum pour devenir une Fédération Indépendante : Les États Fédérés de Micronésie.